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Charles de Gaulle

Charles de Gaulle, sa vie, son oeuvre

De-Gaulle
Biographie de Charles de Gaulle

1890-1914 : une éducation traditionnelle

Charles de Gaulle est né à Lille le 22 novembre 1890 au sein d'une famille catholique et patriote. Le 'petit Lillois de Paris', qui considère alors l'Armée comme 'une des plus grandes choses du monde', se tourne vers la carrière militaire.

Son père, Henri de Gaulle, professeur de lettres et d'histoire, a eu une grande influence sur lui. Les Jésuites et les Assomptionnistes donnent au jeune Charles une solide culture générale et humaniste. Il subit aussi l'influence de Péguy et surtout de Bergson. Si Henri de Gaulle se dit 'monarchiste de regret', si on peut lire chez lui L'Action française de Maurras, ses enfants ne remettent pas en cause la République. Lors de l'affaire Dreyfus, convaincu de l'innocence du capitaine accusé de trahison, Henri de Gaulle exprime en outre des opinions dreyfusardes, assez rares dans son milieu.

Charles opte pour la carrière des armes. Après une année de préparation au collège Stanislas à Paris, il est reçu en 1908 à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, au 119e rang. Il a comme condisciple le futur maréchal Juin. Les élèves doivent avant tout connaître la troupe. C'est l'infanterie que de Gaulle choisit, la jugeant plus 'militaire', car plus directement exposée au feu en temps de guerre. Pour son année de troupe, il est détaché comme élève officier au 33e régiment d'infanterie d'Arras commandé alors par le colonel Pétain. À sa sortie de Saint-Cyr, en 1912, au 13e rang, il choisit pour affectation ce même 33e régiment d'Arras.

1914-1924 : la Grande Guerre

Lors de la Première guerre mondiale le lieutenant Charles de Gaulle reçoit son baptême du feu. Blessé trois fois, il est laissé pour mort à Verdun. Fait prisonnier, il est transféré en Allemagne dans des camps d'où il tente de s'évader par cinq fois.

Peu après la déclaration de la guerre du 2 août 1914, le lieutenant de Gaulle combat dans la Ve Armée de Lanrezac, stationnée dans le Nord-Est. Blessé dès le 15 août à Dinant, évacué et hospitalisé, il ne peut rejoindre le front qu'en octobre. Il est blessé une deuxième fois au combat de Mesnil-les-Hurlus le 10 mars. Après avoir été soigné, il rejoint le 33e régiment d'infanterie où il est commandant de compagnie puis adjoint au colonel. Il reçoit une troisième blessure lors de la bataille de Verdun à Douaumont, en 1916. Laissé pour mort, il reçoit une citation à titre posthume à l'ordre de l'armée. Fait prisonnier, il est soigné à l'hôpital de Mayence puis enfermé entre autres dans la forteresse d'Ingolstadt en Bavière.

Cinq tentatives d'évasion ayant échoué, (de mai à septembre, il est successivement interné à Osnabrück, Neisse, Sczuczyn, puis en octobre 1916, au fort d'Ingolstadt ; en juillet 1917, au camp de Rosenberg ; en octobre 1917, à la prison militaire de Passau ; en novembre 1917, à Ingolstadt ; en mai 1918, au camp de Wülzburg ; en septembre 1918, dans les prisons de Tassau et Magdeburg ) il ne sera libéré qu'à l'armistice. Ses compagnons de captivité sont notamment le commandant Catroux, le journaliste Rémy Roure et Thoukhatchevski, futur maréchal de l'Armée rouge, victime des purges staliniennes. Il profite de sa captivité pour approfondir sa connaissance de l'Allemagne, lire les auteurs allemands. Il fait des conférences à caractère stratégique et géopolitique sur le déroulement de la guerre notamment.

Il est libéré après l'armistice du 11 novembre 1918 et retrouve les siens en décembre. De 1919 à 1921, de Gaulle est envoyé en Pologne où il participe à la formation de la nouvelle armée qui lutte victorieusement contre l'Armée rouge. À son retour, il épouse Yvonne Vendroux le 6 avril 1921 à Calais. Son fils Philippe naît le 28 décembre suivant. Le capitaine de Gaulle est chargé de cours à l'École de Saint-Cyr, avant son admission à l'École supérieure de guerre en 1922. Il fait un stage à Trèves, puis à l'état-major de l'armée française du Rhin à Mayence en 1924. Le 15 mai, naît sa fille Elisabeth.

1925-1940 : un officier anticonformiste

En 1925, il est détaché à l'état-major du maréchal Pétain, vice-président du Conseil supérieur de la Guerre. Il est à nouveau affecté à Trèves en 1927, comme chef de bataillon. Le 1er janvier 1928 naît sa seconde fille Anne. De Gaulle est muté au Levant en 1929 et passe deux ans à Beyrouth avec sa famille. En 1931 il est affecté au secrétariat général de la Défense nationale à Paris. Ce nouveau poste est pour lui important, car c'est l'occasion de s'initier aux affaires de l'État.

Pendant cette période, il publie de nombreux articles qui le font remarquer, notamment 'Doctrine a priori ou doctrine des circonstances' dont la thèse avait été jugée hétérodoxe par la hiérarchie : contrairement à la doctrine traditionnelle qui veut que l'action de l'armée se déroule suivant des normes connues à l'avance, le capitaine de Gaulle pense que tout en respectant certains principes, il est indispensable de se plier aux circonstances. Il prononce plusieurs conférences à l'Ecole supérieure de guerre sous l'autorité du maréchal Pétain ; il y fait preuve d'indépendance d'esprit et développe l'idée qu'il se fait du chef militaire : 'L'Action du chef de guerre', ' Du caractère'. De Gaulle réfléchit à une réforme de l'armée et aux relations entre l'armée et le politique. C'est ainsi que dans son premier ouvrage, La Discorde chez l'ennemi, qui paraît en 1924, il insiste sur le fait que le politique doit primer sur le militaire.

Juin 1940 : l'Appel

Le 18 juin 1940, de Gaulle lance depuis Londres son célèbre appel à continuer le combat qu'il conclut par : « « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ». La France libre est née…

Le 17 juin de Gaulle repart aussitôt pour Londres avec son aide de camp Geoffroy de Courcel, afin de poursuivre la guerre. Après l'annonce de l'armistice faite par le maréchal Pétain, le Général lance le 18 juin, avec l'assentiment de Churchill, un appel à la résistance sur les ondes de la BBC. Cet appel, non enregistré, est assez peu entendu en France, mais il est publié dans la presse le lendemain et relu par les speakers.

Les jours suivants, toujours sur la BBC, il réitère sa dénonciation de l'armistice du gouvernement et reprend son appel à la résistance, dans son discours du 22 juin notamment : 'L'honneur, le bon sens, l'intérêt de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront'. Général rebelle, il est rétrogradé et mis à la retraite par le gouvernement du maréchal Pétain, puis condamné à mort par contumace en août.

1940-1944 : la France libre et la France combattante

A partir du 18 juin 1940, de Gaulle tente de rassembler sous l'emblème de la croix de Lorraine, les territoires de l'Empire colonial et tous les Français décidés à combattre pour que la France soit présente à la Victoire.

Churchill le reconnaît, le 28 juin, comme le chef des Français libres. De Gaulle organise des forces armées qui deviendront les Forces françaises libres. En vertu d' un accord préparé par René Cassin, juriste de grand renom, et reconnu par les Britanniques le 7 août, les FFL ne sont pas une légion étrangère au sein des forces britanniques, mais gardent leur caractère national et indépendant. Les forces françaises sont encore peu nombreuses, mais elles ont un statut et les ralliements se multiplient, en Angleterre et dans l'Empire. Cependant, la malheureuse affaire du bombardement de notre flotte de Mers El Kébir par les Anglais, le 4 juillet 1941, marquera un fléchissement des ralliements.

Le général de Gaulle crée à Brazzaville un organe politique, le Conseil de défense de l'Empire le 27 octobre 1940, mais il insiste sur le fait qu'il sera redevable de ses actes devant la France à la fin de la guerre. L'armée allemande envahit l'Union soviétique le 22 juin 1941 et l'aviation japonaise attaque la base américaine de Pearl Harbor, le 7 décembre : la guerre devient planétaire. De Gaulle dote la France libre d'un Comité national français en septembre 1941, préfiguration du gouvernement en exil, qui deviendra le Comité français de la Libération nationale le 3 juin 1943 après son arrivée à Alger et qu'il copréside avec le général Giraud. Celui-ci était d'abord resté fidèle au Maréchal mais ses troupes se rallient ensuite aux Forces françaises libres. D'Alger, le général de Gaulle met à la disposition du commandement allié une armée qui va activement participer aux campagnes d'Afrique du Nord et d'Italie et apporter une contribution importante à la libération de la France puis à la défaite de l'Allemagne. Le général de Gaulle est le président du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) formé un an plus tard, le 3 juin 1944.

1944-1946 : La Libération

Le 8 mai 1945, comme l'avait voulu, cinq ans plus tôt le général de Gaulle, la France est présente à la table de la Victoire. Il assure le retour à l'ordre républicain et pose les fondations d'une 'France nouvelle'.

La fermeté et la rapidité avec lesquelles le général de Gaulle a rétabli l'autorité d'un gouvernement national permettaient d'éviter la mise en place de l'AMGOT ( Allied Military Government for Occupied Territories), prévu par les Américains, qui aurait voulu faire de la France libérée un État administré et occupé par les vainqueurs. Après le débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, il insiste avec vigueur auprès du général Eisenhower, commandant en chef des armées alliées, pour que Paris soit libéré rapidement, alors que sa stratégie prévoyait d'aller directement vers l'est sans passer par la capitale.

La 2e DB du général Leclerc libère Paris le 25 août et celui-ci reçoit la reddition de Von Choltitz. Ce même jour, le général de Gaulle qui avait débarqué en Normandie sur la plage de Courseulles le 14 juin 1944, se réinstalle au ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique à Paris, dans le bureau qu'il occupait jusqu'au 10 juin 1940, signifiant ainsi que Vichy était une parenthèse et que la République n'a jamais cessé d'exister. Puis il se rend à l'Hôtel de Ville où il prononce un discours dans lequel il insiste sur le rôle essentiel joué par les Français pour leur propre libération. Le lendemain, 26 août, il descend triomphalement les Champs-Élysées. Le 'peuple dans ses profondeurs' est dans un enthousiasme indescriptible. Le 9 septembre, un gouvernement d'unanimité nationale est constitué, sous sa présidence. Une Assemblée constituante est ensuite élue en octobre 1945, six mois après la fin de la guerre.

Président du Gouvernement provisoire, mais en désaccord avec l'Assemblée constituante sur la conception de l'État et le rôle des partis, de Gaulle remet sa démission sur la question des crédits militaires au président de l'Assemblée nationale, Felix Gouin, le 20 janvier 1946. Il a rempli la mission qu'il s'était donnée le 18 juin 1940 : libérer le territoire, restaurer la République, organiser des élections libres et démocratiques, entreprendre la modernisation économique et sociale. Mais de Gaulle espère qu'on fera à nouveau très vite appel à lui.

1947-1953 : Le Rassemblement du peuple français

A l'issue de sa démission du 20 janvier 1946, le général de Gaulle fonde un rassemblement politique, le RPF, qui rencontre un succès électoral rapide. Mais l'unanimité des partis politiques contre lui le contraint à mettre fin aux activités du RPF en 1953.

Après un temps de silence, le Général prend la parole à Bayeux, le 16 juin 1946. Dans son discours, il expose un véritable projet constitutionnel avec un exécutif fort, une séparation claire des pouvoirs, germe de ce que sera la Constitution de la Ve République. Il reprend ces idées à Bar-le-Duc puis à Épinal le 29 septembre après le vote de l'Assemblée nationale constituante en faveur du projet constitutionnel, mais il n'est pas écouté, puisque les électeurs votent pour ce dernier projet le 13 octobre suivant. En fait, ce vote est davantage une marque de lassitude que d'adhésion : 1/3 des électeurs s'est abstenu ; en définitive, 1/3 s'est montré favorable à ce qui devient la Constitution de la IVe République.

Dès lors, de Gaulle est dans l'opposition. Le 14 avril 1947, il lance un mouvement, le Rassemblement du peuple français, qui compte rapidement de très nombreuses adhésions et remporte un grand succès aux élections municipales de l'automne. Le but est de lutter contre le régime 'exclusif' des partis, pour une réforme constitutionnelle, puis contre les 'séparatistes', c'est-à-dire les communistes. De Gaulle souhaite que ce mouvement politique ne soit pas un parti, mais un rassemblement. C'est pourquoi il propose la double appartenance, c'est-à-dire que les membres de tous les partis politiques, sauf le PCF, peuvent adhérer au RPF. C'est un échec, car les partis traditionnels refusent la double appartenance.

Pendant cette période, chef politique, le général de Gaulle est interdit d'antenne. Il est donc obligé de se déplacer dans toute la France, de Bruneval à Strasbourg, pour faire connaître ses idées. C'est ainsi qu'il peut approfondir sa connaissance du pays, et se préparer à une action politique ultérieure. Mais le RPF n'a pas l'impact souhaité aux législatives de 1951 : les députés ne sont pas assez nombreux pour infléchir la politique sociale, ni les institutions. Aussi de Gaulle décide-t-il de mettre progressivement en sommeil le Rassemblement du peuple français entre 1953 et 1955. Mais cette expérience aura permis de former et de mobiliser des militants, et de créer un encadrement qui se révélera important et efficace en 1958.

1953-1958 : la traversée du désert

Le général de Gaulle se retire dans sa maison de Colombey-les-Deux-Eglises, c'est la 'traversée du désert' durant laquelle il s'impose avec ses 'Mémoires de Guerre' comme un des grands mémorialistes français.

Pour le général de Gaulle, la période qui s'étend de 1955 à 1958 est 'la traversée du désert'. Il se retire à Colombey-les-Deux-Églises, rédige ses Mémoires de guerredont le premier tome l'Appel paraît en octobre 1954 chez Plon, voyage un peu (en Afrique par deux fois en 1953, aux Antilles Françaises et dans les territoires français du Pacifique en 1956 ainsi qu'au Sahara en 1957) et continue à recevoir à Paris, rue de Solférino, ancien siège du RPF.

Sa vie publique est nettement ralentie, mais il reste très attentif aux événements.

Mai-décembre 1958 : de Gaulle, le recours

Il a fallu l'insurrection algérienne, déclenchée le 1er novembre 1954 et l'impuissance de la IVe République à y faire face, pour que de Gaulle revienne au pouvoir en mai 1958. En effet le 29 mai 1958, le président de la République, René Coty fait appel au « plus illustre des Français ».

L'instabilité ministérielle, l'impuissance de la IVe République face à la question algérienne, déclenchée par une insurrection le 1er novembre 1954, conduisent le régime à une crise grave. Bon nombre de responsables politiques de tous bords en viennent à souhaiter le retour du Général.

Le 13 mai 1958, un comité de vigilance appelle à manifester contre le FLN à Alger. Un comité de salut public est créé, à la tête duquel se trouve le général Salan. Il lance un appel au général de Gaulle le 15 mai. L'insurrection prend de l'ampleur et risque de dégénérer en guerre civile. Le 19, le Général se dit 'prêt à assumer les pouvoirs de la République'. Certains voient dans cette déclaration un soutien à l'armée et s'inquiètent. Il rassure et insiste sur la nécessité de l'union nationale et s'il se présente encore comme le recours, il ne donne aucune caution ni à l'armée ni à quiconque.

Le 29 mai, le président de la République, René Coty, fait appel 'au plus illustre des Français'. Charles de Gaulle accepte de former un gouvernement, qui est investi par l'Assemblée nationale le 1er juin, par 329 voix sur 553 votants. Le général de Gaulle devient ainsi le dernier président du Conseil de la IVe République. Les députés lui accordent la possibilité de gouverner par ordonnance pour une durée de six mois, et l'autorisent à mener à bien la réforme constitutionnelle du pays.

959-1962 : La nouvelle République

La tâche la plus urgente concerne l'Algérie. De Gaulle multiplie les voyages (le premier a lieu dès le 3 juin 1958), et s'achemine vers la solution de l'indépendance : il propose l'autodétermination aux Algériens en 1959. Le référendum du 8 janvier 1961 sur le principe de l'autodétermination apporte au chef de l'État un soutien massif, puisqu'il recueille 75% de 'oui'. Mais les négociations sont difficiles à mener, compliquées par les partisans de l'Algérie française, par l'intransigeance du parti unique algérien, le FLN, et par le putsch des généraux français, le 22 avril 1961, qui échoue aussitôt.

Après les pourparlers officieux menés par Georges Pompidou et des représentants du FLN, les négociations s'ouvrent sous la conduite de Louis Joxe, ministre des Affaires algériennes. Elles aboutissent aux accords d'Évian, signés le 22 mars 1962, acceptés par référendum en France le 8 avril, et en Algérie le 1er juillet. L'Algérie peut accéder à l'indépendance, mais une volonté de coopération a été maintenue entre les deux Etats.

Dans le même temps, le chef de l'Etat entend respecter la parole de la France concernant la signature des traités de Rome de 1957. Pour que la France entre dans la Communauté économique européenne dès le 1er janvier 1959, une réforme financière est mise en place par Antoine Pinay (le nouveau franc est lancé à cette date) ; les barrières douanières tombent offrant les produits français à la concurrence européenne. La France est poussée à la modernisation.

962-1968 : la consolidation du régime

L'année 1962 marque un véritable tournant, tout d'abord sur le plan institutionnel : après l'attentat du Petit-Clamart perpétré par l'OAS le 22 août 1962, le Général propose l'élection du chef de l'État au suffrage universel. Par cette réforme, il veut assurer à son successeur une légitimité démocratique nécessaire face aux parlementaires, qui supplée à la légitimité historique que lui seul pouvait incarner.

L'opposition est importante de la part de ceux qui défendent la tradition parlementaire et qui se méfient d'une dérive vers un pouvoir personnel. Une motion de censure est déposée et le gouvernement Pompidou est renversé. De Gaulle dissout l'Assemblée nationale, comme la Constitution lui en donne le droit, et attend que le référendum sur la modification de l'élection présidentielle ait eu lieu le 28 octobre 1962) pour que se déroulent les nouvelles élections législatives.

Le président de la République n'hésite pas, pour les choix importants, à solliciter le soutien populaire par le biais du référendum : la révision constitutionnelle de 1962, qui, avec 62.2 % de 'oui' est un énorme succès, en est l'occasion, mais aussi l'autodétermination des Algériens (référendum du 8 janvier 1961), les accords d'Évian (8 avril 1962), la régionalisation et la réforme du Sénat (27 avril 1969), il appelle les citoyens aux urnes.

Mai 1968

Outre la réforme financière de 1958, la France bénéficie des 'Trente Glorieuses' et de la croissance amorcée sous la IVe République. Les structures économiques sont modernisées, le niveau de vie s'accroît. Un certain désenchantement apparaît face au blocage de la société et les événements de Mai 1968 en sont le révélateur. Comme dans de nombreux pays étrangers, la contestation des étudiants se développe à partir de mars 1968. Les syndicats et les partis politiques de gauche profitent des manifestations étudiantes pour lancer une grève générale qui sera suivie par les ouvriers. Cette grève générale paralyse le pouvoir pendant le mois de mai, provoquant une crise sévère qui ébranle le pouvoir.

Le Général expose, le 24 mai qu'il entend que l'État doit rétablir l'ordre, maintenir la République ; la rue, c'est 'la chienlit', le désordre, la menace du totalitarisme. Les accords de Grenelle passés entre le gouvernement, les représentants des syndicats et du patronat aboutissent à un train de mesures classiques. La disparition soudaine et inexpliquée du chef de l'Etat, parti en hélicoptère le 29 mai pour une destination inconnue, provoque la stupeur et ouvre la voie à toutes les supputations. Il passe par Baden Baden où il est reçu par le général Massu. Pense-t-il à se retirer ? Veut-il s'assurer des sentiments de l'Armée ou simplement prendre du recul ? En tous cas, dès son retour à Paris le lendemain, son allocution radiodiffusée a le ton de la fermeté. Elle est suivie d'une immense manifestation organisée par les gaullistes sur les Champs-Élysées. De Gaulle dissout l'Assemblée nationale. La campagne des législatives occupe les forces politiques et la reprise du travail se fait progressivement. Ces élections n'ont pourtant pas assez redynamisé le pouvoir. L'Assemblée nationale, plus à droite, est plus frileuse face aux réformes pourtant nécessaires. L'Elysée semble plus coupé des Français, la confiance n'est pas vraiment rétablie.

1969 - 1970 : Le grand départ

Contrairement à de très nombreux avis, le chef de l'Etat décide d'organiser un référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Le 27 avril 1969, la proposition est rejetée par 52,4% des voix. Fidèle à sa promesse et respectueux du peuple souverain, de Gaulle démissionne : à minuit dix, un communiqué annonce : 'Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi.'

Il se retire à Colombey-les-Deux-Églises, s'abstient de toute prise de position publique, reçoit quelques fidèles et poursuit l'écriture de ses Mémoires. Les Mémoires de guerre avaient commencé de paraître en 1954, seul le premier volume des Mémoires d'espoir est achevé lorsque Charles de Gaulle meurt, le 9 novembre 1970. En 1952, il avait établi un testament exprimant son refus de funérailles nationales. A Colombey-les-Deux-Eglises, sa dépouille est transportée sur un engin blindé de reconnaissance vers la petite église, en présence de sa famille, des Compagnons de la Libération et des habitants de son village. Il est enterré au cimetière auprès de sa fille Anne, avec une simple inscription sur sa tombe, 'Charles de Gaulle 1890-1970'. Le 12 novembre, à Notre-Dame de Paris a lieu une cérémonie officielle avec les autorités de l'État et les personnalités étrangères.


Conjugaison - verbe | meteo |
ostréiculture ou oublieusement ouiller ourlet outillé
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